Collier de fleurs
Par un beau matin du mois de Mai, pressentant l'été à venir, Jeanne se promenait à l'orée du bois non loin de sa maison pour cueuillir des paquerettes et en faire un collier pour l'offrir à sa maman. Tout à coup, un faon surgit de derrière un frêne et sauta par-dessus elle avant de disparaître dans un bosquet. Jeanne resta stupéfaite car c'était la première fois qu'elle voyait un faon d'aussi près. Elle comprit rapidement pourquoi il fuyait en voyant Raphaël arriver, le fusil à la main et deux lièvres pendus à la cartouchière. Le gentil moustachu lui souhaita le bonjour et Jeanne répondit en souriant juste avant de lui prendre la main et de l'emmener dans le pré.
Elle s'allongea dans les hautes herbes et il fit de même tout en déposant son matériel de chasse. En une fraction de seconde, elle releva sa jupe, il retira sa petite culotte blanche ornée dun petit nœud pastel et il écarta ses cuisses sans effort.
Jeanne n'avait pas trop mal; La douleur était supportable, elle s'effaçait même... Rien à voir avec ce qu'il s'était passé deux ans auparavant avec le facteur, où la douleur s'était accrue quand il s'était retiré et qu'il s'était trompé de quelques centimètres en réentrant : Il n'aurait peut-être pas du la faire se mettre à plat ventre... Rien à voir non plus avec le fils du boulanger qui avait une baguette vraiment imposante.
Après un frémissement qui préssentait la fin, Jeanne prit les choses en main et Raphaël déchargea son fusil dans la gueule du loup. Jeanne, qui n'en avait pas perdu une miette, se rhabilla et se recoiffa; Il fit de même et avant de s'en aller, il prononça ces mots :"C'est notre petit secret, hein? Tu n'en parles à personne!" Elle acquiéça et partit terminer sa cueuillette.
Quand elle rentra à la maison, la jupe pleine de fleurs, son papa lui demanda ce qu'elle voulait en faire maiss elle resta silencieuse et s'asseya à la table pour y déposer toutes les paquerettes. Son papa lui dit alors qu'il avait entendu un coup de feu et il lui demanda si elle n'avait pas vu Raphaël (nb. J'ai fallit l'appeler Serge.. ^_^"). Jeanne fit "non" de la tête mais il voyait dans ses yeux qu'elle mentait, alors il souria et ajouta qu'il les avait entendu le samedi d'avant et qu'il était au courant de leur petit manège. Jeanne fit semblant de ne pas avoir écouté et commença son collier; Son papa le savait mais il n'insista pas et reprit sa place aux fourneaux. Une fois le collier terminé, elle le montra à son papa qui le trouva très joli et qui lui demanda si c'était pour lui; Mais elle lui montra que non alors il devina que c'était un cadeau pour maman et elle et elle lui tira la manche de sa chemise en hochant la tête et en poussant un petit cri sourd. Il comprit qu'elle voulait lui donner maintenant mais il déclara que les visites n'étaient pas possible à l'heure du midi et qu'ils iraient la voir après manger.
Le repas terminé, Jeanne trépignait d'impatience jusqu'à ce que son père lui dit qu'ils y allaient. Son impatience s'accentua une fois arrivée et, en passant la grille d'entrée, elle lacha la main de son papa pour courir rejoindre sa maman : Elle connaissait le chemin par cœur. Les gens la connaissaient et ils savaient qu'elle débordait d'énergie; Il saluaient son papa, surtout pour le courage qu'il avait de s'occuper seul de sa fille, en lui adressant des regards dégoulinant de compassion. Il finit par rejoindre Jeanne qui avait déposé le collier de paquerettes et qui maintenant sanglotait, assise sur la pierre tombale de maman. Elle se releva et sauta dans les bras de son papa en extirpant de sa gorge un mot qui ne résonna pas plus que tous les autres à ses oreilles : "Maman! " . Son papa lui caressa les cheveux pour la calmer puis ele lut sur ses lèvres qu'il était aussi triste qu'elle et que même après tant d'années il était toujours aussi malheureux; Puis son papa lui dit qu'ils devaient partir, alors il prit la main de sa fille de 28 ans qui avait cessé de grandir 13 ans auparavant, et ils rentrèrent chez eux.
Mina! , le 4 Juillet 2007
Et dire qu'il ma fallut trois heures pour écrire ça!