La douleur nest pas un terme féminin pour rien ^.^
Depuis plus de vingt-quatre heures, jai un Mentos à la place de mon lobe doreille gauche, ce nest pas une greffe mais juste un lobe enflé. Cest peut-être du au fait que je me balade avec une épingle à nourrice fixée à cet endroit alors que je ne me suis jamais fait percer les oreilles : jai fait ça moi-même, comme un grand ( con ^.^)
Après avoir préalablement désinfecté lépingle (à lalcool, comme les vrais ^.^), jen ai enfoncé la pointe dans la partie non cartilagineuse de mon oreille (jen ai marre de dire lobe ^.^) ; Ensuite, après avoir percé la peau et avoir douloureusement traversé la chair, jai eu la mauvaise surprise de constater que lopération la plus difficile est de repercer lépiderme pour sortir de loreille : la peau y est particulièrement élastique et le seul moyen pour ne pas transformer la traversée en champ de bataille (limage est plus subtil que le terme boucherie :D ) était de tendre à deux doigts la peau sur le même principe quun élastique un peu mort casse plus facilement en effort.
Maintenant que mon lobe a plus que doublé de volume (mon outil de comparaison étant le droit ^.^) et quil a pris une teinte rougeoyante du plus bel effet, linsidieuse douleur est omniprésente : la petite coquine se laisse oublier lorsque je regarde la télé ou lorsque je pianote sur lordinateur mais sitôt lactivité abandonnée, elle revient, vigoureuse, telle lemprise de la nicotine. Fort heureusement, je réussi à cohabiter avec, comme avec une compagne, une vieille amie qui vous rappelle toujours sa présence dans des moments inopportuns, lorsquon sy attend le moins :) .
Cest une relation aigre-douce que jentretiens avec la douleur, je laime, mais seulement quand elle perdure : jabhorre la douleur violente et imprévue !!!!! une coupure, une crampe, un coup, une brûlure avec de la cire ou avec une flamme sont pour moi de vils compagnons et je leur préfère la douleur physique sollicitée telle la brûlure de cigarette sur le biceps, le plantage de compas dans la cuisse ou encore la création duvres sur lavant-bras par le biais de ce que les gens appellent « la scarification » (mais la parfaite maîtrise du cutter-scalpel est difficile et les motifs de débutants sont grossiers heureusement lardoise sefface avec le temps et on peut sentraîner de nouveau :) ) à ce moment là, la douleur est « contrôlée », elle est moins vive mais sinscrit dans la durée et on pourrait presque la qualifier dagréable (cest insurgeant ce que jécris, hein ? :) ).
Mon lobe me rappelle à lordre : « non je ne tai pas oubliée, mais je ne peux me concentrer idéalement quand tu menlaces. » pense-je en souriant, comme si la douleur était une fidèle compagne la seule dailleurs. Ça y est ! jai compris ce quelle cherchait à me dire : jai omis de mentionner la douleur affective (ce que je qualifie de souffrance, par opposition à la douleur physique) . Là il nest plus question de pseudo-contrôle de la douleur, elle devient torture, la différence réside dans la vivacité, labyssale profondeur du mal-être et dans la quasi-éternelle durée de celui-ci : la douleur devient pernicieuse (cest une schizophrène en puissance ^.^), elle pioche le pire de ses autres personnalités pour en créer une troisième et parfois le recours à « lautomutilation » dans un sens large permet de se délivrer de la souffrance, ou plutôt doublier la souffrance par le biais de la douleur (je ne sais pas si je me fais bien comprendre ^.^).
Pour moi :
Douleur = physique, voulue dans le meilleur des cas
Souffrance = morale, psychique, subie dans le moins pire des cas
Vous voyez, je ne suis pas totalement masochiste : quand les cicatrices corporelles ne demeurent pas douloureuses, celles du cur le demeurent même après de longues années. La douleur, à linstar de la femme, est une drogue : une fois quon y a goûté, on ne peut plus sen passer et la tentation est forte (bien sur ne pas prendre la phrase dans un sens purement charnelle, sinon la comparaison devient vulgaire ^.^)
Mina! , le 3 Mars 2005 à deux heures du mat
Qui se voit maintenant en train dappuyer sur son lobe pour stopper les réminiscences dues à lécriture du paragraphe final.